Voici un clin d'oeil et un petit hommage pour des
photographes que j'apprécie pour leur travail et pour la vision qu'ils ont ou qu'ils avaient du monde des hommes, du travail, de la nature,....
En passant par des photographes populaires tels que Robert Doisneau ou
Willy Ronis, par des reporters, des photographes documentaires engagés dans
l'humanitaire ou dans l'écologie tels que Dorothea Lange,
James Natchwey ou Ansel Adams, j'essaierai à travers ce léger recueil, que votre regard devienne le leur: curieux,
critique, poêtique ou accusateur des scènes, des époques, des choses et des gens qui les entouraient.
Laissez-vous aller dans le temps.
«Je ne vois que la photographie qui puisse, autant que le baiser, faire surgir de ce que nous
croyons une chose à aspect défini les cent autres choses qu’elle est tout aussi bien, puisque chacune est relative à une perspective non moins légitime.»
- Lee Friedlander -
- Ansel Adams -
1902-1984
Ansel Easton Adams (20 février 1902, San Francisco - 22 avril 1984) est un photographe
américain dont les œuvres, dédiées aux paysages de l’Ouest
américain, se veulent un hymne à la nature. Ansel Adams n’aimait pas l’école et
quitta le système éducatif en 1915 pour se former par lui-même. Il s’était tout d’abord orienté vers la musique, mais tout changea lorsqu’à l’âge de 14 ans, équipé d’un N°1 Box Brownie de Kodak,
Ansel Adams se lança dans la photographie dans la vallée de Yosemite. Ansel Adams était un grand maître de la chambre photographique. En 1932, il créa avec Edward Weston, Willard Van Dyke, Imogen
Cunningham, ainsi que d’autres photographes, le groupe f/64 (indice de la plus petite ouverture de l’objectif donnant une très grande profondeur de champ). Il est aussi à l’origine du Zone
System. On lui doit, entre autres, des photographies de paysages dont les plus connues sont : Taos Pueblo (1930), Sierra Nevada (1948), This Is the American Earth (1960) et Yosemite and the Range of Light (1979).
Ansel Easton Adams Né en 1902 à San Francisco - U.S.A. Mort en 1984 à San Francisco - U.S.A.
- Bernard Descamps -
" Toute photographie est en réalité un autoportrait, une
image intérieure projeté sur un objet ou une réalité quotidienne, détournant ainsi ce quotidien de sa signification
conventionnelle. "
Reporter-photographe. Photographe-voyageur, membre de l'agence Vu, qui traite de l'environnement, des rapports de l'homme et de la terre. Depuis vingt-cinq ans, Bernard
Descamps explore la photographie dans tous ses états, du reportage au paysage en passant par la ville et ses couleurs.
"L’homme, la terre. Pas la planète, mais celle où il vit, celle de ses ancêtres, celle dont il a tout appris. J’ai toujours été fasciné par l’acharnement avec lequel les civilisations
s’accrochent à un fragment de planète.Il y a celles qui ont l’eau et la fertilité des sols, un climat tempéré et l’abondance... et puis il y a les autres, celles des contrées extrêmes, trop
froides ou trop chaudes, trop sèches ou trop sombres... Mes premiers voyages m’avaient porté vers ces régions, vers ces gens. J’avais d’emblée partagé leur vie, touché par leur immense
générosité, leur hospitalité." Bernard Descamps.
Partant à la rencontre des paysages et des hommes, il y côtoie les Peuls, les Bozos, les Pygmées, dont les photos ont bouleversé tous ceux qui les ont regardées. Dans ces images qui fixent avec
le même plaisir sensible l'animé et l'inanimé, quelque chose passe d'un lien harmonieux des hommes à un territoire, à un mode de vie. En revanche, Bernard Descamps ne photographie plus guère en
France, ne trouvant plus dans la société française actuelle de quoi motiver son désir ou son rêve d'image.
Il a construit une exposition qui dit, par l'exemple, ce qu'est pour lui la photographie: une reconstruction poétique de la réalité, un pas de côté dans l'imaginaire. Descamps traverse la
réalité, il ne la décrit pas. Au contenu informatif, ses images substituent l'émotion, le sentiment, l'humour discret.
- Dorothea Lange -
1895-1965
"Sélectionner un thème et le travailler à
l'épuisement… Le sujet doit être quelque chose que vous aimez ou détestez réellement."
Née à Hoboken (New Jersey), Dorothea Lange commence sa
carrière à New York avant de s’installer à San Francisco où elle ouvre un studio de portrait en 1918. Ses photographies poignantes des sans-abris attirent l’attention de la Resettlement
Administration qui la recrute en 1935 et publie ses clichés de la pauvreté et de la détresse qui touchent alors violemment les États-Unis dans les journaux de tout le pays. Les clichés étant
propriété de l’État, ils sont publiés sans demande de paiement, ce qui contribue à leur propagation rapide et à faire d’eux des icônes de l’entre-deux-guerres américaine. On ne pas parler de
photojournalisme de l’entre-deux-guerres sans parler de la Farm Security Administration et de Dorothea Lange.
Il y aurait tant à dire sur cette photographe d’exception,
et notamment sur la représentation du corps, souvent à la recherche d’appuis, de soutien, elle qui était affublée d’une claudication liée à la poliomyélite. Mark Durden a écrit un très beau
texte, concis, juste, qui donne envie d’aller beaucoup plus loin dans la connaissance de cette artiste.
Ce livre a une forme agréable et rigoureuse dans sa mise en page : les photographies sont majoritairement placées à droite, tandis que la page gauche est laissée blanche à l’exception de la
légende et du commentaire qui les concernent.
Dans les dix dernières années de sa vie, malgré une maladie
tenace, Dorothea Lange va enseigner ce qu’elle a appris. Elle concentre ses cours sur le pouvoir de persuasion, un des devoirs du photographe : « convaincre le spectateur implique
de lui donner une place dans vos pensées. Ce n’est pas un spectateur. Vous avez le pouvoir d’élargir ses perceptions et ses conceptions. »_ Roy Stryker disait de la tension inhérente
aux photographies de la FSA qu’elles illustraient « le combat de la dignité contre le désespoir ». C’est ce que l’on peut dire des photographies de Dorothea
Lange.
- Elliot Erwitt -
1928
Fils d'émigrés russes, Elio
Romano Erwitz dit Elliott Erwitt est né en France en 1928. Il a vécu en Italie, en France, puis a déménagé à New York en 1939. Depuis une cinquantaine d'années, il réalise des
reportages et des sujets personnels inspirés des thématiques qui lui sont chères : les chiens, les plages, les familles, la politique, les visiteurs de musée ou les
enfants. Membre de l'agence Magnum depuis 1953, il a travaillé pour la revue Life et participé à la célèbre exposition Family of man, au MOMA de New York, en 1955. Photographe du clin d'œil,
Erwitt affecte de s'intéresser au banal pour mieux en découvrir le côté ironique voire comique, même quand le sujet est grave. Pour cela il aime le hasard et en profite, toujours en quête d'un
événement inattendu. En recherchant la contradiction et le fortuit, il révèle ainsi l'absurdité de la vie
quotidienne.
- Henri Cartier Bresson -
1908-2004
« Photographier, c'est une attitude, une façon d'être, une manière de vivre »
Né en 1908 à Chanteloup, en Seine-et-Marne, Henri
Cartier-Bresson plonge dès sa jeunesse dans l'univers des surréalistes en étudiant l'art auprès du peintre et sculpteur cubiste André Lhote. Il quitte la France en 1931 pour effectuer un voyage
d'un an en Côte d'Ivoire au retour duquel il se met à la photographie. Il exposera dès l'année suivante à la galerie Julien Levy de New York.
En 1934, il part un an au Mexique avec une expédition ethnographique et l'année suivante, il met en suspens son activité de photographe pour s'initier au cinéma avec Paul
Strand, une expérience qui le conduira, entre 1936 et 1939 à devenir second assistant de Jean Renoir pour la mise en scène, avec Jacques Becker et André Zvoboda.
En 1947, Henri Cartier-Bresson, Robert
Capa, David Seymour et George Rodger fondent la célèbre agence coopérative Magnum. Il passe les trois années suivantes en Orient, voyage durant lequel il sera le témoin de la mort de Ghandi en
Inde, de l'avènement de la République Populaire de Chine ou encore à l'indépendance l'Indonésie.
Grand voyageur, Henri Cartier Bresson est notamment le premier photographe admis en U.R.S.S. après la détente. Durant les années 50 et 60 il retourne notamment en
Chine, effectue un reportage à Cuba se rend au Mexique, au Canada, vit en Inde ou encre au Japon. En 1966 , il se sépare de Magnum qui conserve néanmoins l'exploitation de ses archives.
Henri Cartier Bresson a notamment été lauréat, en 1981 du Grand Prix National de la photographie, décerné par le Ministère de la Culture, et, en 1986, du prix Novecento qui lui est remis à
Palerme par Jorge Luis Borges. Depuis 1974 il se consacrait au dessin.
- James Nachtwey –
1948
"Mes photos s'inscrivent dans les des archives éternelles de notre mémoire collective. Je sais que les photographies peuvent pousser les responsables à
agir. Sans les images de la guerre civile et de la faim en Somalie, personne n'y serait intervenu. Sans les photos de la Bosnie, la guerre s'y poursuivrait peut-être
toujours."
James Nachtwey est né dans le Massachussets où il a grandi puis fait ses études
d’histoire de l’art et de science politique (1966-1970), au Dartmouth College. Les images de la guerre du Viet-Nam et du mouvement américain pour les Droits de l’Homme l’ont beaucoup marqué et
ont été décisives dans son choix de devenir photographe.
Il réalise son premier reportage à l’étranger sur la grève de la faim des partisans de l’IRA en Irlande du Nord.
Depuis, Nachtwey couvre les événements internationaux majeurs et les conflits sociaux. Il a photographié les guerres au Proche Orient (Liban, bande de Gaza, Jenine, Israël), les conflits au
Salvador, Nicaragua, Guatemala, Indonésie et Philippines. Il a couvert guerres et famines en Somalie et au Soudan, le génocide au Rwanda, les conflits ethniques au Sri Lanka ou en Europe de l’Est
(Bosnie, Tchétchénie, Kosovo). Il s’est aussi intéressé aux méthodes de la police et à l’univers des prisons aux États-Unis, de même qu’aux orphelinats et asiles en Roumanie.
Son travail a été publié dans de nombreux magazines internationaux : Times, Stern, National Géographic, New York Times Magazine…
Nachtwey est sous contrat pour le Time Magazine depuis 1984. Il a été associé à l’agence Black Star de 1980 à 1985 puis membre de l’agence Magnum de 1986 à 2001.
Il a exposé plusieurs fois son travail, entre autres au Centre International de la Photographie à New York, au Palais des Expositions à Rome, au Cercle des Beaux-Arts à Madrid, au Carolinium à
Prague, au Centre Hasselblad en Suède, à la galerie Canon et Nieue Kerk à Amsterdam.
Il a également reçu de nombreux prix : Robert Capa Gold Medal (cinq fois), World Press Photo (deux fois), International Center of Photography (trois fois), Leica (deux fois), Prix Bayeux des
correspondants de guerre (deux fois), etc.
Il est membre de la Société Royale de Photographie et Docteur honoris causa de l’Université des Beaux-Arts du Massachussets.
- Kevin Kling –
Kevin Kling est photographe franco-américiane. Un voyage en 2 CV de Paris jusqu’à la frontière afghane,
à l’âge de 22 ans, a changé le sens de sa vie. Passionnée par l’exploration géographique et ethnique elle a parcouru pendant près de vingt ans des milliers de kilomètres, traversé des territoires
difficiles d’accès et mal connus, en Inde, en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie. Elle a exposé ses photographies dans des musées et galeries à Paris, Londres, New York et Tokyo, et a publié
de nombreux reportages dans les magazines internationaux. Membre de la Royal Geographical Society de Londres et de la Society of Women Geographers aux Etats-Unis, elle est l’auteur des
ouvrages : Tibet, Terre du ciel ; Equateur, île des Andes, Turkestan, oasis de la Chine, Asie nomade, Enfances lointaines.